- 10 August 2026
- Updated 19h24
Le nombre de décès par noyade dans l’UE, la France tout en haut du classement
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- Max LIPORT
- 4 août 2026
- À la une Institutions
Avec la chaleur et l’afflux vers les zones de baignade, de nouveaux cas de noyades sont recensés en Europe. La France, où le niveau de natation est faible, reste de loin le pays de l’Union européenne le plus touché.
Nombre de décès par noyade par État membre, en 2023

Alors que l’été bat son plein, les plages, piscines et lacs attirent de nombreux visiteurs sous l’effet des fortes chaleurs qui traversent l’Europe. Toutefois, ces endroits présentent aussi un risque plus important d’accidents liés à la noyade.
Durant l’été 2025, le troisième plus chaud depuis 1900, les morts par noyade (409 au total dans l’Hexagone) ont bondi de 16 % par rapport à 2024, indique Santé publique France. Parmi ces victimes figuraient 57 enfants et adolescents. « La chaleur en elle-même ne provoque pas la noyade« , rappelle dans les colonnes du Parisien Aymeric Ung, épidémiologiste à la Direction des maladies non transmissibles et traumatismes de l’agence. « En revanche, elle induit un contexte favorable aux baignades et potentiellement à une augmentation des prises de risque« .
Quels sont les chiffres dans l’Union européenne ?
En 2023, l’Union européenne a enregistré 4 702 décès par noyade et immersion, soit 108 de moins qu’en 2022 (4 810). Parmi les pays de l’Union européenne, c’est en France que leur nombre a été le plus élevé (741, un chiffre 4 fois supérieur à la moyenne de l’UE : 174). Une tendance récurrente depuis 2011. Le chiffre était au plus haut en 2013, avec 1 034 décès constatés. Viennent ensuite l’Allemagne (553), la Pologne (484), la Roumanie (470) et l’Espagne (437).
À l’inverse, les chiffres les plus faibles ont été relevés au Luxembourg (1), à Malte (2) et à Chypre (13). Des données à relativiser pour ces trois pays, les plus faiblement peuplés de l’Union européenne.
Si l’on compare le nombre de noyades à la population de chaque État membre, c’est en Lettonie qu’on compte le plus d’accidents avec 5,65 décès pour 100 000 habitants. La Lituanie (2,8 pour 100 000 hab.) et la Grèce (2,7 pour 100 000 hab.) sont aussi très touchées. Pays le plus endeuillé au niveau européen, la France affiche un ratio de 1,1 décès pour 100 000 habitants.
La France plus touchée que les autres pays de l’UE
Entre le 1er mai et le 15 juillet 2026, 925 noyades ont eu lieu en France dont 274 suivies de décès sur le lieu de noyade (soit une proportion de noyades suivies de décès de 30 %) indique Santé publique France dans une publication datée du 24 juillet. En 2026, le nombre total de noyades enregistre ainsi une hausse de 14 % par rapport à 2025 pour la même période.
Ces drames « sont survenus en grande partie sur des plans d’eau non autorisés, non surveillés« , selon le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Et le gouvernement craint « que la situation n’évolue défavorablement« , avait déclaré le 26 juin la ministre des Sports, Marina Ferrari.
La majorité des victimes sont des hommes de moins de 25 ans. En cause notamment : des courants dangereux qui ne suffisent pas à décourager les plus téméraires, même dans des secteurs où la baignade est interdite. Autre élément, le mauvais niveau en natation des Français.
Le phénomène est mécanique : avec moins de maîtres-nageurs, moins de plages sont ouvertes au public et donc la prévention est elle aussi moins élevée, ce qui expose au risque, particulièrement pour des personnes moins à l’aise dans l’eau. L’hydrocution, conséquence d’un choc entre la température élevée de l’air et celle plus fraîche de l’eau est aussi évoquée comme un autre danger.
Au lendemain des Jeux olympiques de Paris 2024 qui ont vu une moisson de médailles en natation grâce notamment à Léon Marchand, les politiques ont débattu sur l’enseignement de cette discipline dans les écoles et collèges français.
Selon une étude réalisée par l’Académie de Créteil sur l’année 2021, seuls 26 % des enfants entrant en 6e en Seine-St-Denis savaient déjà nager. Cette étude s’appuie sur le taux de réussite à l’Attestation scolaire du savoir nager en sécurité (ASSN), un examen où les enfants doivent, par exemple, se déplacer dans l’eau sur le ventre sur 15 mètres ou passer sous un obstacle immergé.
Un chiffre bien éloigné de ceux avancés par l’ex-ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castéra, selon laquelle 80 % des élèves sauraient nager en moyenne en France à l’issue de la 6e.
Dans une tribune publiée le 2 août 2025 dans les colonnes du Parisien, les champions olympiques de natation Florent Manaudou et Alain Bernard avaient dénoncé la vétusté et le manque de piscines en France. « Une baisse de l’offre aquatique » qui empêche la population d’apprendre à nager et provoque donc plus de noyades, selon eux.
Les hommes plus victimes que les femmes
Comme lors des années précédentes, les décès par noyade ont davantage touché les hommes (3 618 à l’échelle des Vingt-Sept) que les femmes (1 084). En 2023, cette tendance s’est une nouvelle fois vérifiée dans l’ensemble des pays de l’UE.
Toutefois, en Slovénie (21 hommes contre 10 femmes), l’écart était moins prononcé que dans les autres États membres. Au Luxembourg, la seule victime recensée était de sexe masculin.







