- 10 August 2026
- Updated 18h29
Entretient – Jules Kouakou, Directeur Général de NICS : Ascenseur et Construction
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- Max LIPORT
- 4 août 2026
- Portrait des personnalités Africaines & Européennes

Entretient de Jules Kouakou, Directeur Général de NICS : Ascenseur et Construction
Bonjour Monsieur le Directeur. Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Je suis Jules Kouakou, marié et père de trois enfants. Je suis électrotechnicien de formation et dirigeant de Nouvelle Ivoire Contrôle et Services (NICS) : Ascenseur et Construction, une entreprise ivoirienne spécialisée dans l’installation, la maintenance et la modernisation des ascenseurs, ainsi que dans les travaux de construction.
Pouvez-vous nous présenter votre entreprise et les raisons qui ont motivé sa création ?
Après plusieurs années passées au sein d’entreprises françaises implantées en Côte d’Ivoire, j’ai constaté qu’aucune entreprise ivoirienne n’occupait une place importante dans le secteur des ascenseurs. Pourtant, de nombreux techniciens et ingénieurs ivoiriens possèdent les compétences nécessaires. C’est de ce constat qu’est née l’idée de créer une entreprise capable de démontrer que les Ivoiriens peuvent concevoir, installer et assurer la maintenance d’équipements de haut niveau répondant aux standards internationaux.
L’entreprise a été créée en 2010 sous le nom Ivoire Contrôle et Services (ICS). La crise post-électorale nous a contraints à suspendre nos activités, avant une relance en 2014 sous le nom Nouvelle Ivoire Contrôle et Services (NICS) : Ascenseur et Construction.
Depuis, notre ambition est restée la même : promouvoir l’excellence ivoirienne, créer des emplois qualifiés et accompagner les grands projets de développement en Côte d’Ivoire et en Afrique.
Parlez-nous de votre parcours. Comment êtes-vous devenu chef d’entreprise ?
Mon parcours a commencé à Tiébissou avant de se poursuivre au lycée moderne de San Pedro puis à Abidjan, où j’ai effectué ma formation en électrotechnique. J’ai intégré le secteur des ascenseurs dès 1996, ce qui m’a permis d’acquérir une solide expérience technique pendant plusieurs années.
Souhaitant approfondir mes compétences, j’ai suivi en 2013 une formation d’ingénieur en électrotechnique et en systèmes de maintenance des ascenseurs en Turquie. Cette spécialisation m’a donné les outils nécessaires pour développer une entreprise capable de répondre aux exigences des plus grands projets.
Quels ont été les principaux défis rencontrés au début de votre activité ?
Les premières années ont été particulièrement difficiles. Pendant près de trois ans, nous n’avons obtenu aucun marché. Il était parfois difficile d’assurer les charges de l’entreprise et de faire vivre nos familles.
Le tournant est intervenu lorsqu’un responsable de l’Inspection Générale des Services Fiscaux nous a confié la réparation d’un ascenseur qui était hors service depuis longtemps. Plusieurs ingénieurs expérimentés avaient tenté de résoudre le problème sans succès.
Malgré les doutes exprimés sur notre capacité à relever ce défi, nous avons réussi à remettre l’installation en fonctionnement en seulement trois jours.
Cette réussite a constitué un véritable tremplin.

Quels sont aujourd’hui les principaux marchés réalisés par NICS ?
Ce premier succès nous a permis de gagner la confiance de nombreux clients institutionnels et privés.
Au fil des années, NICS est intervenue sur plusieurs projets stratégiques, parmi lesquels :
La fourniture et l’installation des ascenseurs de l’immeuble GIAM ;
Des projets pour la Délégation de l’Union européenne ;
Des réalisations pour la Coopération allemande ;
Des interventions pour l’Ambassade des États-Unis en Côte d’Ivoire ;
Les ascenseurs des Cours d’appel de Korhogo et de Daloa ;
Les ascenseurs du stade de Bouaké ;
Les ascenseurs du stade Félix Houphouët-Boigny ;
Les 24 ascenseurs du stade Olympique Alassane Ouattara d’Ebimpé, infrastructure emblématique de la CAN 2023.
À l’international, notre expertise nous a également conduits à intervenir en Guinée équatoriale, où nous avons participé à plusieurs projets majeurs, notamment au Lycée français de Malabo et à l’Hôpital général de Bata.
Nous avons également réalisé des installations à l’aéroport de Bamako, à Ouagadougou, ainsi que sur plusieurs plateformes portuaires, notamment à Tema (Ghana) et au Togo.
En 2019, nous avons même été sollicités par le gouvernement de la Guinée équatoriale dans le cadre d’un ambitieux projet portant sur 448 ascenseurs, preuve de la confiance accordée à notre savoir-faire.
Aujourd’hui, ces réalisations témoignent de la capacité d’une entreprise ivoirienne à mener des projets techniques d’envergure sur le continent africain.
Quel message souhaitez-vous adresser aux jeunes entrepreneurs ?
Je voudrais leur dire que l’entrepreneuriat est exigeant, mais qu’il ne faut jamais renoncer.
La réussite demande de la persévérance, du travail, de la discipline et beaucoup de patience. Les difficultés ne doivent jamais décourager ceux qui ont une vision. L’Afrique regorge de talents. Les jeunes doivent croire en leurs capacités et contribuer à bâtir des entreprises compétitives capables de rivaliser avec les meilleures.
Quels sont les objectifs de NICS pour les dix prochaines années ?
Notre ambition est de poursuivre la structuration de l’entreprise afin de renforcer notre position sur le marché africain.
Nous souhaitons également développer nos activités à l’international, conquérir des marchés en dehors du continent africain et faire de NICS une référence dans le secteur des ascenseurs et des infrastructures techniques. Nous voulons également transmettre notre expérience aux jeunes générations et participer à la formation des futurs techniciens et ingénieurs ivoiriens.
Quel regard portez-vous sur les relations entre l’Afrique et l’Europe ?
Nous considérons qu’il s’agit d’un partenariat complémentaire.
L’Europe dispose de technologies avancées tandis que l’Afrique possède des compétences humaines de plus en plus reconnues.
Lorsqu’elles sont équilibrées, ces relations profitent aux deux parties.
Quelles sont les principales difficultés rencontrées aujourd’hui par les PME africaines ?
Le principal défi reste l’accès au financement.
De nombreuses PME disposent des compétences techniques nécessaires mais peinent à obtenir les garanties financières exigées pour accéder aux grands marchés.
Un meilleur accompagnement bancaire permettrait à davantage d’entreprises africaines de participer au développement économique du continent.

Qu’est-ce qui distingue NICS de ses concurrents ?
Notre réputation repose sur plusieurs valeurs fondamentales : la qualité des prestations, le respect des délais, la rigueur dans l’exécution des projets, l’utilisation de matériels de qualité et une relation de confiance durable avec nos clients.
Ces principes nous ont permis de fidéliser aussi bien les institutions publiques que les partenaires internationaux.
Quelles distinctions avez-vous reçues ?
Nous avons eu l’honneur de recevoir une distinction du ministère de la Construction.
Cependant, notre plus grande récompense reste la confiance renouvelée de nos clients et notre contribution à des projets d’envergure, notamment les infrastructures réalisées pour la Coupe d’Afrique des Nations organisée en Côte d’Ivoire.
Votre mot de fin ?
Je remercie Dieu pour son accompagnement tout au long de ce parcours.
J’adresse également mes remerciements à ma famille, à nos collaborateurs, à nos partenaires allemands et turcs, ainsi qu’aux autorités ivoiriennes qui nous font confiance.
Nous continuerons à investir dans l’innovation, la qualité et la formation afin de démontrer qu’une entreprise ivoirienne peut être un acteur majeur du secteur des ascenseurs en Afrique et sur les marchés internationaux. Cette ambition guide chacune de nos actions et constitue la vision que nous portons pour les années à venir.



















