« La souveraineté commence par la lucidité« , explique Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique. Lundi 26 janvier, le lancement de l’Observatoire de la souveraineté numérique a été officialisé par Clément Beaune, haut-commissaire à la stratégie et au plan, dans le cadre des premières Rencontres de la souveraineté, organisées à Bercy par la ministre.
Cet observatoire a pour ambition de « mesurer les dépendances numériques de la France afin de mieux les réduire« , précise la page dédiée du Haut-Commissariat. Concrètement, ce nouvel outil aura trois missions principales : dresser un diagnostic de ces dépendances, fournir des outils d’aide à la décision pour les acheteurs publics et privés et contribuer à l’orientation des politiques publiques en matière de souveraineté numérique.
Créer des logiciels européens pour se détacher des acteurs américains
Aujourd’hui, l’Union européenne reste très dépendante des puissances étrangères sur le plan numérique. Notamment pour le stockage des données, l’intelligence artificielle et la cybersécurité. Selon une étude de 2025 du Cigref, une association représentant les grandes entreprises françaises, 80 % des dépenses liées aux logiciels et services de stockage de données à usage professionnel en Europe sont effectuées auprès d’entreprises américaines.
Le lancement de cet observatoire intervient dans un « contexte de tensions géopolitiques et de compétition technologique accrue« , note le Haut-Commissariat. La structure se veut alors comme « un levier collectif pour renforcer l’autonomie technologique, la résilience et la compétitivité de la France et de l’Europe« . Afin d’identifier l’ampleur des dépendances françaises et européennes, l’Observatoire de la souveraineté numérique lancera, fin janvier, un questionnaire national destiné aux acteurs publics et privés. « Nous devons savoir d’où et de quoi nous dépendons : sur quelles briques technologiques ; dans quels secteurs ; et pour quels usages« , estime Anne Le Hénanff. Les résultats de ce questionnaire devraient être rendus public d’ici le début du printemps.
L’idée est ensuite de fournir des « solutions alternatives françaises ou européennes« , a expliqué Clément Beaune. Le même jour, le ministre de la Fonction publique, David Amiel, a annoncé la généralisation du logiciel de visioconférence français Visio, pour tenter de remplacer les américains Teams et Zoom. « Le principe n’est pas seulement de renforcer notre résilience parce que c’est bien, mais aussi parce que c’est vital de soutenir nos innovateurs, de réguler et de proposer notre système d’innovation pour lequel nous avons tous les atouts« , a ajouté Clément Beaune.







