L’Eurogroupe est une assemblée “informelle” réunissant les ministres des Finances des 20 États membres de la zone euro, un représentant de la Banque centrale européenne (BCE) – habituellement le président – et un autre de la Commission européenne – en règle générale le vice-président chargé des Affaires économiques.
Dans le sillage de la mise en place de l’Union économique et monétaire (UEM), et du traité de Maastricht (signé en 1992) qui avait jeté les bases de la future monnaie commune, l’Eurogroupe a été créé par le Conseil européen en 1997. Sa première réunion s’est tenue le 4 juin 1998 au château de Senningen, au Luxembourg.
À partir du Conseil européen de Nice (en décembre 2000), cette assemblée a pris le nom d' »Eurogroupe« . Son existence est aujourd’hui inscrite à l’article 137 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE).
Le fonctionnement de l’Eurogroupe
Si elle n’est pas une véritable institution de l’Union européenne, son rôle est toutefois fondamental dans la politique économique de la zone euro. Car lors du Conseil « Économie et Finances » (ECOFIN) qui réunit chaque mois les 27 ministres de l’Économie et des Finances de l’UE, les discussions portent sur les questions économiques, budgétaires et financières de toute l’Union.
Les débats relatifs à la coordination des politiques économiques au sein de la zone euro et concernant “les responsabilités spécifiques” que les 20 États membres de l’UEM “partagent en matière de monnaie unique” (TFUE) se déroulent donc la veille du Conseil ECOFIN, lors de l’Eurogroupe à Bruxelles ou à Luxembourg.
Le lendemain, les décisions de l’Eurogroupe sont entérinées par un vote à 20 lors du Conseil ECOFIN. Bien qu’informel puisque des votes ne peuvent y avoir lieu, l’Eurogroupe est la vraie instance décisionnaire sur les questions de politiques économique, financière et budgétaire concernant la zone euro.
Tous les deux ans et demi, les ministres de l’Économie de la zone euro élisent l’un d’eux à la tête de l’Eurogroupe. Le rôle de ce responsable est de présider les réunions et d’en établir les ordres du jour, ainsi que d’élaborer le programme de travail à long terme de l’Eurogroupe.
Le 12 décembre 2025, les membres de l’Eurogroupe ont élu Kyriakos Pierrakakis, ministre grec de l’Économie et des Finances, comme président. Celui-ci prendra ses fonctions le 12 décembre 2025. La première réunion de l’Eurogroupe sous sa présidence est actuellement prévue le 19 janvier 2026.
Son prédécesseur, le ministre des Finances irlandais Paschal Donohoe, à la tête de l’Eurogroupe depuis le 13 juillet 2020, avait annoncé sa démission le 18 novembre afin de rejoindre la Banque mondiale. Succédant au Portugais Mário Centeno (2018-2020), au Néerlandais Jeroen Dijsselbloem (2013-2018) et au Luxembourgeois Jean-Claude Juncker (2005-2013), il avait été reconduit le 7 juillet 2025 pour un troisième mandat.
Les compétences de l’Eurogroupe
Les réunions de l’Eurogroupe sont importantes. Étant donné que les 20 États membres de la zone euro sont soumis à une politique monétaire unique menée de façon indépendante par la BCE, l’objectif de l’Eurogroupe est de garantir la stabilité et la cohérence des politiques économiques des pays membres entre eux et en accord avec la politique monétaire. Les critères édictés dans le traité de Maastricht (déficit public inférieur à 3 % du PIB et dette publique inférieure à 60 %) doivent par exemple être respectés.
L’Eurogroupe « a également pour objectif de favoriser les conditions d’une croissance économique plus forte« , précise le site du Conseil de l’UE.
Les sujets discutés à l’Eurogroupe concernent donc les différents aspects de l’Union économique et monétaire – tant son fonctionnement que d’éventuelles réformes -, comme l’explique l’institution. Sont ainsi abordés :
- la situation économique et les perspectives de la zone euro et ses États membres ;
- les politiques budgétaires des pays de la zone euro et leur coordination (surveillance des finances publiques, etc.) ;
- les réformes structurelles susceptibles de stimuler la croissance (par exemple, la création d’un éventuel budget de la zone euro) ;
- les questions liées au maintien de la stabilité financière dans la zone euro (mise en place de l’union bancaire) ;
- la préparation des réunions internationales ;
- l’élargissement de la zone euro.



